C’est un coup d’arrêt à un chantier engagé il y a 23 ans. Réuni ce mercredi 21 octobre à Épernay, le conseil d’administration du Syndicat général des vignerons de la Champagne (SGV) s’est prononcé en faveur de l’arrêt de la révision générale de l’aire d’appellation Champagne, lancée en 2003. Cette procédure devait permettre d’intégrer de nouvelles communes à l’AOC, mais aussi d’en retirer certaines.
Dans l'Aube, plusieurs communes directement concernées
Cette décision pourrait notamment décevoir plusieurs communes auboises. Bouilly, Laines-aux-Bois et Saint-Germain, situées à proximité des coteaux de Montgueux, figuraient par exemple parmi les communes susceptibles d’intégrer l’aire d’appellation. Une perspective désormais compromise si l’arrêt du chantier est confirmé.
La révision devait redéfinir les territoires autorisés à produire du champagne, à partir de critères géographiques, géologiques et climatiques. Les experts de l’Institut national de l’origine et de la qualité (INAO) travaillaient depuis plusieurs années sur ce dossier, dont les conclusions étaient attendues d’ici à la fin de l’année.
Le changement climatique au cœur de la décision
Pour justifier sa position, le SGV évoque une transformation profonde du contexte depuis 2003. En vingt ans, la température moyenne en Champagne a augmenté d’environ un degré, tout comme celle des sols. L’ensoleillement et la répartition des précipitations ont également évolué, remettant en question certains critères utilisés pour délimiter les parcelles viticoles.
Les incertitudes économiques pèsent également dans la balance. Les expéditions de champagne sont devenues plus fluctuantes, tandis que la part des exportations est passée de 41 % en 2003 à 58 % en 2025.
« Avant de redessiner l’aire d’appellation, nous devons réfléchir au champagne que nous voulons produire demain, à son identité, à ses équilibres et aux terroirs qui lui permettront de rester fidèle à lui-même », explique Maxime Toubart, président du SGV.
Des conséquences encore incertaines
Cette prise de position pourrait donc maintenir le périmètre actuel de l’appellation, au grand regret des communes qui espéraient rejoindre l’AOC Champagne. Toutefois, le vote du SGV ne constitue pas, à lui seul, une décision administrative définitive d’abandon de la procédure.