Si le 17 octobre avait vu près de 3 000 personnes battre le pavé à Troyes, cet « acte II » de la mobilisation nationale n’a réuni que 500 manifestants ce samedi 24 octobre, place du Préau. Un essoufflement du nombre, mais une colère intacte pour ceux qui ont fait le déplacement.
Un arrêté préfectoral signé la veille au soir
Un mouvement pluriel, largement alimenté et coordonné sur les réseaux sociaux, hors du cadre syndical, qui a poussé plusieurs grandes villes à interdire les rassemblements. À Troyes, le préfet annonçait ce vendredi soir une mobilisation policière renforcée et publiait un arrêté interdisant les manifestations dans le périmètre du Bouchon de Champagne de 11 h à 23 h. Une décision prise en réponse à un mouvement jugé difficile à encadrer, largement organisé hors du cadre syndical traditionnel, alors que de nombreuse violences ont émaillé les rassemblements un peu partout en France le 17 octobre.
C'est beaucoup plus simple quand on a un organisateur identifié avec lequel on travaille, qui met en place un dispositif d'organisation, de sécurisation du processus, quand on a un trajet qui est connu. Là, on n'a pas d'organisateur connu. On a un appel à regroupement. Et donc, pour nous prémunir de toutes atteintes au commerce et aux édifices publics, nous devons nous organiser.
Des colères plurielles dans le cortège
La hausse des prix, le carburant, la casse des services publics, la répression policière ou encore la montée de l’extrême droite et le climat social : dans le cortège, les colères sont multiples, les profils aussi : des étudiants, des associations, des Gilets jaunes, des familles aussi. L’interdiction de manifester en centre-ville constitue, en elle-même, une source supplémentaire de crispation.
« C’est fort de café du préfet de filer une interdiction à 18h30 la veille pour le lendemain. Je suis là parce que je refuse qu’on me vole mes libertés. Ma liberté de manifester d’une part, ma liberté de vivre paisiblement d’autre part, la liberté de ma fille d’avoir une école qui l’accueille et qui l’instruit. », s’indigne Nathalie.
Plusieurs manifestants estiment que la crainte d’une intervention policière a dissuadé une partie du public. « Des personnes qui ont pu voir l’interdiction se sont certainement dit : on ne va pas venir, parce qu’on a peur », témoigne l’un d’eux.
une interdiction partiellement bravée
Le cortège a évolué dans le calme, empruntant le rond-point du Vouldy, les boulevards du 14-Juillet et Victor-Hugo, perturbant par endroits la circulation. En fin d’après-midi, une partie des manifestants a néanmoins choisi de braver l’arrêté en s’engageant rue Émile-Zola, avant de se disperser sans incident notable. D’après les information de nos confrères de l’Est Eclair, un individu en tête du cortège a été interpellé à l’issu du mouvement.