C’est une première dans l’Aube. Ce mardi, producteurs, acheteurs et associations du territoire se sont retrouvés au Centre de congrès pour les toutes premières assises de l’alimentation locale. Une journée organisée conjointement par le Conseil départemental et la Chambre d’agriculture, avec un objectif affiché : créer du lien entre des acteurs qui, trop souvent, ne se connaissent pas.
Le format était délibérément pratique : ateliers thématiques et tables rondes ont permis d’aborder des sujets concrets — logistique, commercialisation, vente en direct, consolidation des circuits courts. Autant de chantiers que les producteurs aubois peinent encore à mener seuls.
Ces premières assises en appellent d'autres, à mon sens. On a cette chance de produire des aliments de qualité dans le département, c'est quelque chose de très important. Le but aujourd'hui des assises, c'est de faire en sorte que les acheteurs avec les producteurs échangent, que toutes les associations qui existent puissent venir montrer leur domaine d'activité et que derrière on puisse enclencher des choses.
La logistique, principal obstacle des producteurs
Produire, les agriculteurs aubois savent faire. C’est la suite qui se complique. Démarchage, livraison, gestion des flux : la chaîne commerciale reste un angle mort pour beaucoup de petites exploitations. Face à ce constat, les assises ont mis l’accent sur la mutualisation.
Chacun des producteurs, ce qu'on sait le mieux faire, c'est produire. Ce qui est plus compliqué pour nous, c'est tout ce qui est commercialisation en général, c'est-à-dire le démarchage, la livraison, la logistique, toute la logistique qui est derrière. On est tous assez petits et on a besoin de faire ensemble pour que ce soit plus optimisé, notamment sur la logistique.
Un département qui produit pour trois fois sa population
Le potentiel aubois est là. La Chambre d’agriculture le rappelle : le département produit pour trois fois plus de consommateurs qu’il n’en compte sur son territoire. Une situation géographique favorable, une capacité d’extension réelle — mais un retard à rattraper sur la valorisation locale.
L'Aube débute quand même dans ce domaine. Il y a une volonté, mais après, il faut quand même la tenir. On est dans un département où on a une grosse agriculture, une agriculture qui a été mondialisée, et c'est pas un gros mot. Mais n'empêche qu'on n'est pas encore très, très bon sur ce côté local.
Éduquer dès l'enfance, penser long terme
Denis Cheissoux, journaliste à France Inter et animateur de la journée, a insisté sur la dimension éducative du projet : raconter aux enfants l’histoire de leurs carottes, de leurs lentilles ou de leurs pommes de terre, c’est, selon lui, la meilleure façon de les ancrer dans une consommation locale durable.
Ces assises s’inscrivent dans le cadre du Projet alimentaire territorial (PAT) porté par le département, qui vise à rapprocher durablement la production auboise des assiettes des habitants. Une première édition que les organisateurs espèrent voir se répéter — et, surtout, se concrétiser en actes.
Dans la même veine, le Forum Manger local avait déjà réuni chefs et producteurs aubois début octobre : Troyes : la 3ème édition du forum Manger local
