Elle a été la première femme à traverser la cordillère des Andes en avion, en 1921. Elle a résisté à l’occupant nazi, puis milité pour les droits civiques. Pourtant, Adrienne Bolland reste absente de la plupart des manuels scolaires. Ce samedi, Pont-Sainte-Marie lui a rendu un hommage concret : une rue de l’écoquartier porte désormais son nom.
La cérémonie d’inauguration de la plaque s’est tenue en présence du maire, des habitants du quartier et de Coline Béry, autrice et biographe de l’aviatrice. L’occasion de retracer un parcours hors du commun, mais aussi de tisser un lien inattendu entre cette figure historique et l’histoire du site lui-même.
Un site militaire devenu écoquartier, un lien avec l'aviation
L’écoquartier de Pont-Sainte-Marie occupe un ancien terrain militaire. Peu de riverains le savent, mais ce site a d’abord été une zone d’atterrissage, avant de servir de garage pour les chars et de centre mobilisateur. Ce passé aéronautique a pesé dans le choix du nom : donner à une rue le prénom d’Adrienne Bolland n’est pas anodin ici.
« On parle d’écoquartier aujourd’hui, la génération qui arrive n’a entendu que ce nom, alors que c’était un site militaire, que dans ses premières affectations, il était un lieu d’atterrissage », a rappelé le maire lors de la cérémonie. « À l’origine, il était destiné à l’aviation, et c’est ça le lien aussi avec Adrienne Bolland. »
Vingt ans pour bâtir l'écoquartier, une leçon de persévérance
Le projet d’écoquartier a mis deux décennies à aboutir. Le maire n’a pas caché les difficultés du chemin parcouru, et a vu dans le choix du nom un écho à cet engagement de longue haleine.
« C’était un engagement très fort de la ville, un acte très fort de s’engager dans une démarche d’écoquartier. On savait que ça allait être compliqué, on savait que ça allait être difficile, mais on s’y est quand même engagé, et en cela, ça rejoint le nom qui a été choisi pour Adrienne Bolland : ne jamais lâcher, ne jamais abandonner, toujours essayer, et puis à un moment, ça fonctionne. Et on a mis 20 ans pour faire l’écoquartier, mais ça y est, on y est. » Le maire de Pont-Sainte-Marie, Maire, Commune de Pont-Sainte-Marie.
Une aviatrice « ostracisée » par l'histoire
Pourquoi Adrienne Bolland est-elle si peu connue ? La biographe Coline Béry, présente à la cérémonie, a apporté une réponse sans détour. « Elle est méconnue parce qu’elle a été une femme, et en plus, elle a fait ses exploits dans un domaine où il n’y avait pas de femmes, l’aviation. Donc elle a été, je dirais, victime de ça, elle a été un peu ostracisée, alors que c’est une femme exceptionnelle, au parcours exceptionnel, et qui a fait des exploits exceptionnels. »
Première femme à franchir les Andes en avion le 1er avril 1921, résistante sous l’Occupation, engagée ensuite pour les droits civiques : le parcours d’Adrienne Bolland dépasse largement le seul exploit aéronautique. Une plaque dans un écoquartier aubois ne suffira pas à combler l’oubli, mais elle contribue à remettre ce nom dans la mémoire collective.
La rue Adrienne Bolland s’inscrit dans un écoquartier encore en chantier, dont les immeubles neufs bordent désormais cette voie toute fraîche. Pour les résidents qui s’y installeront, le nom sera peut-être l’occasion de découvrir une figure que l’histoire officielle a trop longtemps ignorée.
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