Ce n’est pas une galerie, ni un musée. C’est une maison. Au 35 rue Paul Dubois, à Troyes, l’artiste Nataly Goubet expose ses peintures et dessins dans deux pièces d’une habitation privée, à l’invitation de ses nouveaux résidents. Une première, pour elle comme pour eux.
Les occupants des lieux, amateurs d’art, venaient tout juste d’emménager — depuis un mois à peine — quand ils ont proposé à l’artiste de transformer une partie de leur intérieur en espace d’exposition. Nataly Goubet, habituée à présenter son travail en galerie, à Paris et en Europe, a accepté sans hésiter.
J'ai eu envie de relever le défi qui permet au public de voir des œuvres finalement un peu comme chez eux.
La liberté de mettre des clous où elle veut
Dans ce cadre domestique, loin des conventions d’une galerie, Nataly Goubet a découvert une forme de liberté qu’elle n’avait jamais connue. Pas de commissaire pour décider de l’accrochage, pas de contraintes institutionnelles. Juste un mur et ses propres choix.
J'ai mis des clous partout sur le mur et j'ai accroché ce que j'avais, moi, envie d'accrocher. C'est une expérience complètement inédite et je trouve ça superbe d'avoir la totale liberté de mettre exactement les œuvres qu'on veut, sans censure.
Désapprendre pour mieux ressentir
Au cœur de son travail, une obsession : la figure humaine. Mais pas telle qu’on l’enseigne dans les écoles d’art. Nataly Goubet cherche à déconstruire ses propres acquis techniques pour retrouver quelque chose de plus brut, de plus instinctif. Elle cite Picasso, qui disait avoir mis sa vie entière à désapprendre.
Pour nourrir cette démarche, elle est allée observer des dessins de classes de maternelle. Des enfants qui tracent sans retenue, sans la « censure du bienfait », dit-elle. Un réservoir de spontanéité qu’elle a longtemps puisé.
Depuis 2024, son travail s’oriente plus précisément vers la représentation du féminin et de l’amour, en dehors des normes. L’art rupestre l’a marquée : ces Vénus préhistoriques aux formes amplifiées, qui ne ressemblaient pas aux femmes réelles de leur époque, mais qui disaient quelque chose de juste sur elles.
C'est surtout la défense du droit à la femme d'exister telle qu'elle le veut, comme elle le veut, où elle le veut, avec qui elle le veut. C'est cette défense-là qui m'intéresse. C'est ça dont j'ai envie de parler.
Ouvert tous les jours jusqu'au 15 novembre
L’exposition « Viens, c’est pas grave, je t’aime » est accessible au 35 rue Paul Dubois, à Troyes. Nataly Goubet sera présente chaque jour jusqu’au 15 novembre. En semaine, les portes ouvrent de 14 h à 19 h ; le week-end, de 11 h à 19 h.
Le vernissage est prévu ce vendredi 6 novembre dès 18h.