Trois ans sans défiler ensemble. Ce jeudi 5 novembre, les huit principaux syndicats de l’Aube ont rompu cette trêve en appelant à une manifestation intersyndicale dans les rues de Troyes. Plus de 1 300 personnes ont répondu présentes, salariés du public et du privé, retraités et lycéens confondus. La dernière mobilisation d’une telle ampleur remontait à la contestation de la réforme des retraites.
Stop à l'austérité, le mot d'ordre du cortège
Le cortège s’est élancé dans une ambiance festive, drapeaux syndicaux déployés et slogans scandés contre la politique budgétaire du gouvernement. Le budget 2027, jugé insuffisant par les organisations syndicales, constituait la cible principale de la journée. Derrière la mobilisation, une réalité commune : des fins de mois de plus en plus difficiles à boucler pour les salariés comme pour les retraités.
Le message, c'est stop à l'austérité, c'est écouter un petit peu et se rendre compte que les gens ont de plus en plus de mal à vivre. Et ce pouvoir d'achat, on en a besoin, on a besoin qu'il augmente. Et toutes les conditions de travail sont difficiles pour tout le monde, dans le privé, dans le public. Et les augmentations ne viennent pas alors que tout augmente.
Le budget 2027 dans le viseur des syndicats
La pression sur les parlementaires et sur les candidats à la prochaine élection présidentielle était explicitement revendiquée par les manifestants. Si les syndicats reconnaissent que le gouvernement commence à intégrer certaines demandes, notamment sur le SMIC, ils estiment que les annonces restent très en deçà des besoins réels.
Si aujourd'hui il y a vraiment du monde dans la rue, c'est pour montrer qu'aujourd'hui les annonces du gouvernement par rapport au budget sont clairement insuffisantes, et qu'aujourd'hui beaucoup de personnes— de salariés comme de retraités — n'arrivent pas à boucler leur fin de mois.
Lycéens et enseignants dans le même cortège
La manifestation a également rassemblé des lycéens, mobilisés depuis plus d’un mois, aux côtés des enseignants. Ces derniers réclament notamment la fin du gel des salaires des fonctionnaires. Pour les représentants de l’éducation, la convergence avec les revendications lycéennes va de soi.
On a toujours été solidaires, d'autant que les revendications lycéennes sont les nôtres depuis une dizaine d'années. Donc c'est de dire au gouvernement qu'il est temps maintenant de nous écouter, d'écouter les gens qui sont sur le terrain, et d'écouter aussi les usagers, puisque les lycéens sont des usagers de l'Éducation nationale.
Retraités et classes moyennes au cœur des revendications
La CGT Aube a, elle, insisté sur la situation des retraités, pointant des coupes annoncées alors que la pension moyenne se situerait en dessous du SMIC. Pour Sylvie Gâteau , la convergence entre salariés, retraités et jeunes constitue précisément la force de cette journée.
On voit, c'est vraiment la convergence des salariés fonctionnaires, des retraités et de la jeunesse. Aucun avenir pour les jeunes. Le gouvernement n'annonce rien. Les salariés des classes moyennes populaires n'arrivent plus à vivre de leur travail. Les retraités, on leur annonce encore des coupes, on les traite de nantis alors qu'ils sont même en dessous du SMIC pour la moyenne.
manifestants dans les rues de Troyes
syndicats mobilisés ensemble
ans sans mobilisation intersyndicale commune à Troyes
La journée du 5 novembre ne devrait pas rester isolée. D’autres manifestations intersyndicalistes sont d’ores et déjà annoncées dans les prochaines semaines à Troyes, signe que la pression sur le gouvernement et les parlementaires est appelée à durer.