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Le Jardin de Nathalie : une décoration de porte pour les fêtes
Émission du 25/09/2024 à 12:21
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20 août 2026 à 20:00
Jean-Louis Humbert vous fait découvrir l’architecture méconnue du XIXe siècle dans l’Aube. Des lieux qui ont tous une histoire.
En 1893, la commune de Lépine — section de Lépine-Saint-Germain — se dote enfin d’une école communale mixte conçue pour accueillir les 25 élèves susceptibles de la fréquenter. L’ancienne école, louée à la fabrique de l’église, est humide, froide, et ses portes mal ajustées exposent les enfants aux courants d’air. Le logement de l’instituteur laisse également beaucoup à désirer.
En mars 1891, une vingtaine de pères de famille pétitionnent pour dénoncer cette insalubrité. Leurs enfants tombent régulièrement malades et ne peuvent pas suivre une scolarité normale. Un adjoint et trois conseillers municipaux soutiennent la démarche. L’inspecteur d’académie transmet la pétition au préfet en avril et appuie pleinement la demande, d’autant que l’école louée doit revenir à la fabrique en 1895.
Le conseil municipal ajourne d’abord la construction en mai 1891, promettant d’agir à l’échéance de 1895. L’inspecteur d’académie alerte le préfet, qui met la commune en demeure le 4 août. Celle-ci ne vote finalement la construction qu’en octobre 1891.
Le projet est confié à Louis Mauny, architecte troyens auteur des Magasins Réunis de Troyes — longtemps connus sous le nom de FNAC — et de nombreuses écoles rurales à Estissac, Souligny, Lusigny ou Saint-Fal. Approuvé le 19 mai 1892, le projet ne peut être adjugé qu’en janvier 1893 : il a fallu menacer le propriétaire du terrain d’expropriation pour qu’il consente à baisser son prix.
Les travaux sont attribués à l’entrepreneur Matagne Fourreau, établi boulevard de Rugo à Troyes. Le bâtiment est implanté au centre du hameau, sur un terrain jugé sain et sans voisinage dangereux. L’aile droite abrite la salle de classe, prévue pour 40 enfants, sur 49 mètres carrés environ et 4 mètres de hauteur, éclairée par de grandes fenêtres à l’est et à l’ouest. Le pavillon central regroupe les entrées, un vestiaire et une salle à manger pour l’instituteur au rez-de-chaussée, deux chambres à l’étage. L’aile gauche accueille la cuisine et une salle de réunion et de vote pour la section.
Les matériaux suivent les préconisations habituelles de Louis Mauny : roche des trochers pour les murs, briques de première qualité aux angles, linteau en pierre de Châtillon, charpente en chêne, tuile plate en couverture. Les ardoises du pavillon central sont financées par la souscription de trois habitants, pour 200 francs. Le mobilier — 12 tables à pupitres fixes et 4 articulées — est fourni par Gaillard, libraire à Troyes, pour 520 francs. Une horloge publique, posée par Preau à Troyes pour 1 050 francs, est elle aussi payée par souscription volontaire.
La dépense initiale était évaluée à 21 000 francs ; elle atteint finalement 24 000 francs, couverts par emprunts, subventions et souscriptions de particuliers. Jusqu’en 1898, l’école reste sans clôture : une grille est alors réalisée par Matagne Fourreau sur plans de Louis Mauny, pour 2 600 francs.
Texte de la rédaction complété avec l’aide de l’intelligence artificielle, à partir de l’émission.