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12 février 2026 à 00:00

Question Santé : Les médicaments et le rôle accru des pharmaciens

Dépendance, antibiorésistance, surconsommation, surmédication ou gâchis : il y a de nombreux enjeux concernant les médicaments. Avec deux pharmaciens, nous rappellerons les bonnes pratiques et préciserons quels rôles ces professionnels de santé peuvent jouer en matière d’accompagnement, de prévention, mais aussi de dépistages ou vaccination. Dans la chronique de l’Assurance Maladie, « La Démarche qui va bien », nous verrons que la consommation de médicaments n’est pas anodine et qu’au-delà d’un coût pour la société, chacun doit bien les utiliser, pour préserver sa santé et celle des autres.

Autour du plateau, Julie Vendeputte et Vincent Richard, tous deux pharmaciens dans l’agglomération troyenne et représentants syndicaux, reviennent sur une idée reçue tenace : une consultation médicale n’implique pas nécessairement une ordonnance. Certaines pathologies guérissent spontanément ; d’autres justifient seulement un traitement de confort. C’est au médecin d’en être juge, pas au patient d’exiger une prescription.

Le bon usage, de l’ordonnance à la poubelle

Le paracétamol reste la molécule la plus remboursée en France, avec plus de 430 millions de boîtes remboursées selon les chiffres 2024 de l’Assurance Maladie. Au comptoir, Vincent Richard pose systématiquement la question : le patient a-t-il vraiment besoin de l’intégralité des boîtes prescrites ? Pour un traitement chronique, entre 11 et 14 boîtes peuvent figurer sur l’ordonnance ; en délivrer 2 ou 3 ce mois-ci suffit souvent.

Les médicaments rapportés en pharmacie partent en destruction via le circuit Cyclamed, sans recyclage ni redistribution possible. Ramener ses restes de traitement reste néanmoins préférable à l’automédication : une angine d’aujourd’hui n’est pas forcément la même que celle d’il y a six mois, et les symptômes similaires peuvent masquer des pathologies différentes.

Tests, dépistages et vaccinations : un rôle élargi

Les pharmaciens réalisent désormais des TROD angines, qui distinguent une angine bactérienne d’une angine virale grâce à un prélèvement en gorge. Le test n’est pas accessible à tous : un protocole de questions préalables détermine si le patient remplit les critères. En cas de résultat positif, l’antibiotique peut être délivré directement ; la plupart du temps, le résultat est viral et l’antibiotique n’est pas nécessaire.

Les TROD cystites s’adressent aux femmes de 16 à 65 ans. Une bandelette urinaire confirme ou non l’infection ; si la bandelette est positive, un antibiotique adapté peut être prescrit sans passer par le cabinet médical. Les tests grippe et Covid sont également disponibles, sans rendez-vous dans la plupart des pharmacies. Dans tous les cas, le médecin traitant est informé via le dossier médical partagé.

Pour la vaccination, les pharmaciens interviennent à partir de 11 ans sur l’ensemble du calendrier vaccinal — rappels tétanos-coqueluche, polio, zona — et peuvent prescrire les vaccins manquants si le carnet n’est pas à jour. La vaccination des voyageurs et celle des enfants de moins de 11 ans restent hors de leur champ d’action.

Les entretiens personnalisés complètent ce dispositif. Patients polymédiqués, femmes enceintes, utilisateurs d’anticoagulants ou d’antidouleurs peuvent bénéficier d’un rendez-vous dédié. La durée varie selon les situations, mais tourne généralement autour de 15 à 20 minutes.

Texte de la rédaction complété avec l’aide de l’intelligence artificielle, à partir de l’émission.