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15 octobre 2026 à 22:00

L'Heure éco : Antoine Fantin, directeur de l'entreprise ME2F a représenté l'Aube à Batimat

A travers des interviews grand format, découvrez les hommes et les femmes qui font bouger le département dans le monde économique. Antoine Fantin, directeur de l’entreprise ME2F a représenté l’Aube au salon Batimat à Paris. 

Une médaille d’argent au salon Batimat, le plus grand salon du bâtiment de France, rapportée dans l’Aube par un maçon de Villemoyenne. Antoine Fantin, directeur de l’entreprise ME2F, a représenté le département lors de cette compétition nationale organisée à Paris, où il a affronté plusieurs concurrents pendant deux jours d’épreuves pratiques.

Repéré sur les réseaux sociaux et contacté par les organisateurs du concours, Antoine Fantin n’avait que deux mois pour se préparer. Sur place, les candidats ne découvrent les plans de leur maquette qu’une heure avant le début des épreuves. Maçonnerie de pierre, blocs de chanvre et enduit : voilà sur quoi il a été jugé, selon des critères techniques précis — aplombs, rectitude des murs, qualité des finitions.

Il évoque l’ambiance du concours : la foule, les caméras, le bruit de fond permanent d’un salon qui accueille des dizaines de milliers de visiteurs. Rester concentré dans cet environnement constitue, selon lui, une difficulté à part entière. La médaille d’argent obtenue a déjà généré des retombées concrètes : des fournisseurs souhaitent collaborer avec ME2F.

« Je ne veux pas rester sur une médaille d’argent. J’aimerais bien avoir la médaille d’or l’année prochaine, si je suis repris. » Antoine Fantin, médaillé d’argent au salon Batimat, directeur de l’entreprise ME2F.

Au-delà de la compétition, Antoine Fantin dresse un tableau nuancé du secteur. Le marché de la maçonnerie connaît un ralentissement, alimenté par la hausse des carburants et des matières premières — dont les prix ont parfois doublé en deux ans. Les marges se réduisent, les devis sont renégociés plusieurs fois, et les chantiers de construction neuve se raréfient. ME2F, qui intervient essentiellement entre Troyes et Bar-sur-Seine, mise sur la rénovation chez les particuliers pour maintenir son activité.

Le recrutement reste l’autre point noir du secteur. L’entreprise, qui compte deux salariés, ne trouve plus d’apprentis depuis plusieurs années. Antoine Fantin espère que la visibilité offerte par Batimat attirera de nouveaux profils. Il rappelle que des concours de ce type existent dans de nombreux métiers, et invite les professionnels aubois à s’y lancer : le savoir-faire local mérite, selon lui, d’être mis en lumière.