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13 min

3 février 2026 à 16:07

L’Heure Éco, L’Interview : économie dans l’Aube en 2026, quelles pistes pour sortir de l’ornière ?

Après un nouveau semestre morose au niveau économique dans l’Aube, quels sont les axes à étudier pour tenter de redresser la barre et envisager une reprise d’activité en 2026 ? Éléments de réponse avec Sylvain Convers, président de la CCI Troyes et Aube, et Virginie Vellut, experte-comptable, élue au Conseil national de l’Ordre des experts-comptables.

Intelligence artificielle, export, stabilité politique, facture électronique… Malgré les difficultés économiques actuelles, certaines innovations ou perspectives pourraient permettre à des sociétés auboises de tirer leur épingle du jeu dans les mois à venir.

Conjoncture : des notes qui peinent à dépasser 10

La dernière enquête de conjoncture menée par la CCI Troyes et Aube auprès des entrepreneurs du département donne une note d’activité de 11,2 sur 20 pour le second semestre 2025. Les projections pour le premier semestre 2026 tombent à 9,7 sur 20, un score que le président de la CCI attribue à un attentisme persistant : carnets de commandes bas depuis plusieurs mois, visibilité réduite sur les orientations de l’État. Il rappelle que la France a connu six gouvernements différents en deux ans, rendant toute projection difficile. La stabilité politique est, selon lui, la condition première pour restaurer la confiance des chefs d’entreprise et des collectivités.

À l’échelle nationale, 65 % des dirigeants déclarent avoir confiance dans la pérennité de leur entreprise à douze mois, selon l’enquête de CCI France. Un chiffre en légère hausse, mais qui laisse 35 % dans l’incertitude — un niveau que le président de la CCI juge « toujours très préoccupant ».

Facture électronique, IA et export : les dossiers de 2026

Virginue Vellut insiste sur un échéancier qui approche : au 1er septembre 2026, toutes les entreprises devront être en mesure de recevoir des factures électroniques, et les grandes entreprises devront également en émettre. L’obligation d’émission sera étendue à l’ensemble de la sphère économique au 1er septembre 2027. Elle juge les entreprises « pas prêtes du tout », tout en soulignant les bénéfices attendus : réduction des délais de paiement, accélération du recouvrement, diminution des erreurs de facturation. Les expériences italienne (2019) et belge servent de références pour anticiper la transition.

Sur l’intelligence artificielle, le président de la CCI encourage les dirigeants à participer aux petits-déjeuners organisés par la chambre consulaire pour en découvrir les usages concrets : aide rédactionnelle, analyse de données, gain de temps sur la recherche d’informations. Il souligne que l’intégration de l’IA impliquera aussi une évolution des compétences en ressources humaines, un « très gros sujet » pour les entreprises.

Concernant l’export, il plaide pour commencer par les pays de l’Union européenne — vente intracommunautaire sans complexité douanière — puis par les pays francophones, en tenant compte des différences culturelles. Il anime un programme lancé cette année au sein de CCI France dans ce sens. Il rappelle que le Grand Est partage 800 kilomètres de frontières avec la Belgique, le Luxembourg, l’Allemagne et la Suisse.

Texte de la rédaction complété avec l’aide de l’intelligence artificielle, à partir de l’émission.