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Troyes : EMO maintient le textile aubois à flot malgré la crise

La société EMO, installée dans les anciens bâtiments Mauchauffé à Troyes, a reçu lundi la visite de la CCI. L’entreprise textile, qui maîtrise toute la chaîne de production, affiche un bilan à l’équilibre malgré une filière en grande difficulté.

La Chambre de Commerce et d’Industrie de Troyes s’est rendue lundi matin dans les ateliers de la société EMO, installée dans les anciens bâtiments de stockage Mauchauffé. Sylvain Convers et les représentants de la CCI ont découvert une entreprise textile qui maîtrise l’ensemble de la chaîne de production, de la teinture du fil au tricotage jusqu’à la livraison du produit fini.

Lancée comme coopérative ouvrière en 1979, EMO a traversé deux dépôts de bilan, en 1982 puis en 2009 lorsque les commandes ont chuté de moitié. Des restructurations difficiles mais nécessaires pour maintenir l’activité. La société, qui employait jusqu’à 330 ouvriers, n’en compte plus que 70 aujourd’hui.

Parmi les choix stratégiques, l’entreprise a racheté deux sous-traitants troyens, Philama et Sotratex, alors voués à disparaître. « Nos façonniers historiques ont disparu les uns après les autres et si on veut pouvoir continuer à offrir des produits de qualité, on a été contraints de s’intégrer », explique le dirigeant. La teinture a ainsi été intégrée en 2006 lors de la liquidation de Sotratex.

« En 2009, on s’est restructuré rapidement pour se mettre à la taille critique de nos commandes et on a bien fait puisque les commandes ne sont jamais revenues », confie le dirigeant. Cette flexibilité, des charges maîtrisées et des clients historiques fidèles permettent aujourd’hui d’afficher un bilan à l’équilibre, une réussite rare dans une filière en crise.

Sylvain Convers se montre confiant : « Je n’ai pas d’inquiétude par rapport à cette entreprise qui a su faire face à différentes crises par le passé, qui fonctionne bien et qui a du bon sens. » Le dirigeant d’EMO aborde l’avenir « relativement sereinement », tout en rappelant la réalité du secteur.

Le bassin textile aubois a perdu l’essentiel de ses emplois. « On a eu jusqu’à 30 000 emplois textiles sur notre territoire, aujourd’hui je pense qu’ils sont à moins de 3 000 », souligne-t-il. Le Made in France ne représente plus que 2% de la consommation textile en France, une érosion qui frappe tous les bassins textiles français.