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15 avril 2026 à 15:22

Hôpital Privé de l’Aube : un avenir en suspens (l'heure éco)

Les finances de l’Hôpital Privé de l’Aube sont en urgence absolue. L’ex-Clinique de Champagne fonctionne comme une clinique classique avec une tarification à l’activité, sans dépassement d’honoraires. Aujourd’hui, l’Hôpital Privé de l’Aube est un groupement de coopération sanitaire. Parmi les principaux membres : la Mutualité Française et les Hôpitaux Champagne Sud. C’est à ce titre que cette dernière structure a pris les choses en main après avoir constaté que l’établissement était au bord du gouffre financier.

Une situation plus grave qu’annoncée officiellement, même après une aide exceptionnelle de 800 000 euros déjà accordée par l’Agence Régionale de Santé. Face à cette situation — un déficit autour de 5 millions d’euros —, il faut agir. Les paiements des derniers salaires ont été assurés sur le court terme. Sur le moyen terme, la solution en haut de la pile est un transfert de l’activité sur le site même du Centre Hospitalier de Troyes.

Le but est bien de sauver un établissement majeur dans le dispositif de santé du territoire. L’Hôpital Privé de l’Aube voit son activité augmenter et une fermeture de la structure de soins serait une très mauvaise nouvelle sanitaire. L’opération sauvetage, menée conjointement, vise à redresser la barre d’un établissement à la dérive financière. Pour le moment, le directeur reste en place pour piloter. 170 personnes travaillent aujourd’hui pour l’Hôpital Privé de l’Aube. L’interview de Damien Patriat, directeur général des Hôpitaux Champagne Sud et administrateur délégué de l’Hôpital Privé de l’Aube.

Les causes d’une dérive financière structurelle

Dans l’émission, Damien Patriat détaille les facteurs qui ont conduit à cette situation. Des délais de paiement fournisseurs anormalement allongés, des difficultés à facturer certaines prestations — « de l’argent qui devrait entrer dans la caisse ne rentre pas » —, et un maintien des effectifs malgré la transformation de certaines activités : autant d’éléments qui ont créé, selon lui, « un effet ciseau automatique ».

Les comptes 2025, en cours de finalisation par le commissaire aux comptes, affichent un déficit autour de 20 %. Mais c’est la trajectoire 2026 qui inquiète davantage : les recettes sont en deçà des prévisions présentées aux administrateurs en décembre, tandis que certaines dépenses n’ont pas été réduites comme prévu. Damien Patriat évoque des « malfaçons à l’origine de la construction du dossier », notamment des charges de loyer élevées sur un délai de remboursement jugé trop court, qui « asphyxient financièrement l’hôpital ».

Un transfert sur le site Simone-Veil à l’étude

L’hypothèse principale étudiée est un transfert de tout ou partie de l’activité chirurgicale sur le site Simone-Veil du Centre Hospitalier de Troyes, en conservant la spécificité libérale de l’exercice. Une évaluation opérationnelle — faisabilité bâtimentaire, travaux, circulations — doit être rendue fin avril. Ce n’est qu’ensuite, si cette première porte s’ouvre, que le cadre juridique et financier sera examiné.

L’objectif affiché, partagé avec l’Agence Régionale de Santé, est de maintenir l’offre de soins sur le territoire et de permettre aux médecins libéraux et salariés de l’établissement de continuer à exercer.

Texte de la rédaction complété avec l’aide de l’intelligence artificielle, à partir de l’émission.