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15 jours d’avance pour la moisson 2026, impactée par les conditions climatiques

La moisson bat son plein dans l’Aube avec près de quinze jours d’avance sur le calendrier habituel. Marquée par les gelées de printemps, la sécheresse et une recrudescence des feux de champs, la récolte 2025 s’annonce difficile pour de nombreux agriculteurs aubois. Le préfet Pascal Gauci a décidé d’interdire les moissons entre 13h et 18h pour limiter les risques d’incendie.

Ce mardi 8 juillet, le préfet de l’Aube Pascal Gauci s’est rendu à Val d’Ozon aux côtés du SDIS pour faire le point avec la FDSEA sur l’état des récoltes et la gestion des incendies. Le constat est sans appel : la moisson 2025 est en avance d’environ quinze jours sur le calendrier habituel, conséquence directe d’un printemps marqué par les gelées d’avril et un début d’été sec.

Des rendements très inégaux selon les secteurs

Le blé est très touché. Sur une même exploitation, les rendements peuvent varier du simple au double selon le type de sol et l’exposition de la parcelle aux courants d’air froid au moment des gelées printanières. Dans la zone intermédiaire, de Soulaines à Aix-en Othe, les pertes sont particulièrement lourdes. 

L’orge de printemps n’est pas épargnée non plus. La sécheresse a freiné son développement, entraînant des qualités et des rendements nettement inférieurs à la moyenne décennale.

On peut facilement trouver 30 % d'écart par rapport à des années moyennes sur 10 ans.

Benoît Lévêque Président – FDSEA de l'Aube

La situation est d’autant plus préoccupante, c’est la quatrième année consécutive de récoltes très maigres dans les zones intermédiaires, qui représentent plus d’un tiers du département de l’Aube.

Une précocité qui témoigne du changement climatique

Au-delà des chiffres de rendement, c’est le calendrier lui-même qui interpelle les agriculteurs aubois. Samuel Rouilleaux, secrétaire de la FDSEA de l’Aube, le formule clairement.

Mon grand-père récoltait fin août, début septembre, donc en deux générations, on a gagné un mois et demi sur la moisson.

Samuel Rouilleaux Agriculteur et secrétaire – FDSEA de l'Aube

Cette avance se répercute aussi sur les prairies. La perte de production d’herbe et de fourrages, habituellement observée vers le 15 août, est déjà constatée début juillet, soit avec un mois et demi d’avance.

Plus de 280 feux de champs depuis le début de la saison

L’autre préoccupation majeure de ce début de moisson, c’est le feu. Chaleur, végétation sèche et vent : toutes les conditions sont réunies pour déclencher des incendies. Les causes sont multiples : engins agricoles, silex, mégots jetés par les fenêtres ou travaux à proximité de la végétation.

On est très en avance sur les statistiques qu'on pouvait connaître. L'année dernière, à cette période, on avait traité 178 feux, on en a plus de 280 aujourd'hui.

Philippe Moureau Directeur départemental adjoint – SDIS de l'Aube

Le préfet restreint les horaires de moisson

Face à cette multiplication des incendies, le préfet Pascal Gauci a pris une décision concrète : interdire les récoltes entre 13h et 18h. C’est la tranche horaire où les risques de départ de feu sont les plus élevés, et où les effectifs du SDIS sont les plus réduits. À partir de 18h, les centres de première intervention (CPI) prennent le relais.

Le SDIS recommande par ailleurs aux agriculteurs d’emporter des citernes d’eau sur le terrain et de disposer de déchaumeuses à proximité des parcelles. 

Les autorités rappellent également les gestes de prévention élémentaires : ne pas allumer de barbecue à proximité de zones inflammables et ne jamais jeter de mégot depuis un véhicule — un geste qui suffit à embraser plusieurs hectares.

En lien direct avec cette situation :  Incendies dans l’Aube : un arrêté préfectoral interdit les moissons aux heures les plus à risque

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