Quarante candidats sélectionnés à l’échelle nationale, quatre retenus en région Grand Est : Pascal Maillard, gérant de la Vinothèque de Troyes, s’est qualifié le 18 mai dernier après un questionnaire de 120 questions à boucler en une heure — accords mets et vins, appellations, cépages, cahiers des charges — il se prépare désormais pour les phases finales du concours du Meilleur caviste de France.
L’homme dirige la Vinothèque de Troyes depuis 14 ans, spécialisée en vins et spiritueux. Il se présente pour la deuxième fois à ce concours organisé par le syndicat des cavistes professionnels.
Quatre heures de travail par jour jusqu'en octobre
Pour décrocher le titre, Pascal Maillard s’impose un rythme soutenu. Révision des cahiers des charges, mais surtout dégustations à l’aveugle : identifier un cépage, une origine, un potentiel commercial, sans voir l’étiquette. Un exercice qui sera au cœur des épreuves finales.
Il faut compter à peu près 4 heures par jour de travail là-dessus jusqu'au mois d'octobre. Donc ça passe par réviser les cahiers des charges, c'est moins intéressant, mais ça passe aussi par beaucoup de dégustations, parce qu'il y aura beaucoup de ça au concours. Donc déguster des produits à l'aveugle pour savoir d'où ça vient, quels cépages ça peut être, comment on les vend derrière. C'est une part importante du travail aussi.
Un parcours en trois étapes avant la grande finale
En octobre, les candidats qualifiés devront d’abord passer une nouvelle phase de qualification combinant questionnaire et dégustation à l’aveugle. Les 15 meilleurs accèderont à la demi-finale, qui comprend un quiz oral et une mise en situation professionnelle. Seuls les 8 meilleurs atteindront la finale, prévue le 27 octobre au château Val-Joanis, dans le Luberon.
Tout ce qui est reconnaissance professionnelle, je suis preneur, forcément. C'est quelque chose qui est hyper intéressant pour nous, pour valoriser notre savoir-faire et notre métier. Je ne suis pas tout seul ici, j'ai une équipe qui m'entoure et qui me fait travailler aussi au quotidien pour nous faire avancer dans nos connaissances en général.
Gagner ou perdre, une expérience dans tous les cas
Pascal Maillard aborde la compétition avec une philosophie assumée : le concours est formateur, quel qu’en soit le résultat. Mais derrière l’épreuve, il défend surtout une vision du métier de caviste — celle d’un professionnel accessible, capable d’écouter ses clients plutôt que d’imposer un discours élitiste.
Le meilleur caviste, c'est quand même celui qui est capable d'écouter ses clients et de répondre à la demande qu'on a en magasin. On est là avant tout pour ça, pour surtout démocratiser le vin et ne pas rester dans un discours trop élitiste, où finalement un consommateur aurait peur de franchir les portes d'une cave à vin.
Si Pascal Maillard atteint la finale dans le Luberon, il sera le seul représentant de l’Aube parmi les huit meilleurs cavistes de France. Les résultats seront connus fin octobre.