Trois chevaux saisis pour maltraitance, dont l’un incapable de supporter la présence humaine à son arrivée. C’est la réalité quotidienne d’Equiconnect, une pension équestre fondée en 2019 à 30 minutes de Troyes par Charlotte Masseron. Quand des places restent disponibles, elle les réserve systématiquement à l’accueil d’urgence.
Bohème, de la détresse à la confiance
Parmi les pensionnaires figure Bohème, une jument placée via la fondation Brigitte Bardot après une saisie pour maltraitance. À son arrivée, l’animal était dans un état critique et chargeait quiconque s’approchait. « On ne pouvait pas être à côté sans qu’elle essaye de nous mordre, de nous charger », raconte Charlotte Masseron. Aujourd’hui, Bohème vient d’elle-même au contact des humains. Sa transformation résume à elle seule la philosophie du lieu.
Huit hectares pour vivre en liberté
Le nom même de la structure dit tout : se reconnecter. Chevaux et humains y retrouvent un rapport apaisé, fondé sur le respect du comportement naturel de l’animal. Les pensionnaires disposent de 8 hectares et circulent librement en extérieur, toute l’année. Un choix radical, aux antipodes du modèle dominant.
Charlotte Masseron a d’abord pratiqué l’équitation classique et sportive avant de rompre avec cette approche. Pour elle, le cheval enfermé dans un box de trois mètres est une anomalie, pas une norme. « C’est ça qui devrait être la norme », affirme-t-elle, en désignant ses prairies.
C'est ça qui devrait être la norme et ce n'est pas les centres équestres où le cheval est dans un box de trois mètres. Ça, c'est le confort de vie.
Un modèle alternatif ancré dans l'Aube
Equiconnect s’inscrit dans un courant croissant qui questionne les pratiques traditionnelles de détention équine. En privilégiant la vie en troupeau et le grand air, Charlotte Masseron défend une approche éthologique : observer l’animal, comprendre ses codes, ne pas lui imposer un environnement contraire à sa nature. La structure, située à une trentaine de minutes de Troyes, continue d’accueillir des chevaux en pension tout en maintenant cette capacité d’urgence, pour ceux qui n’ont nulle part où aller.