Une vingtaine de femmes, pancartes à la main : le rassemblement devant la préfecture de Troyes ce lundi 30 juin 2026 était discret, mais le message, lui, ne l’était pas. Les mandataires judiciaires à la protection des majeurs de l’Aube ont rejoint la grève nationale lancée par la Fédération nationale des mandataires judiciaires indépendants, pour dénoncer une profession qu’ils jugent sous-valorisée et de plus en plus sous pression.
Un métier essentiel, des émoluments figés
Les mandataires judiciaires à la protection des majeurs sont désignés par les magistrats pour protéger les personnes vulnérables — personnes âgées, adultes en situation de handicap — qui ne peuvent plus gérer seules leurs affaires. Dans l’Aube, ils sont 26 à exercer cette mission. Mais derrière ce chiffre se cache une réalité financière pesante.
Leurs émoluments sont fixés à 142 euros bruts par mois. Une somme dont il faut déduire l’ensemble des charges professionnelles : déplacements sur tout le département, frais de fonctionnement, hausse du coût de l’essence. Ce qui reste, une fois ces dépenses soustraites, est jugé très insuffisant par la profession.
150 euros : la revendication centrale
La revendication est précise. Les professionnels réclament un relèvement de l’index à 150 euros bruts par mois, contre 142 euros aujourd’hui. Un écart qui peut sembler faible, mais qui prend tout son sens au regard de l’évolution du SMIC. Si l’indexation avait suivi la même trajectoire, les émoluments atteindraient aujourd’hui 180 euros, selon les manifestants.
C’est cette déconnexion progressive entre les revenus de la profession et le coût réel de l’exercice du métier qui est au cœur du malaise. Les missions se sont complexifiées, les déplacements se sont multipliés à travers tout le département, et les charges ont suivi — sans que la rémunération n’évolue en proportion.
Un appel à la reconnaissance d'une profession en tension
Au-delà des chiffres, c’est la reconnaissance d’un métier de l’ombre que réclament ces professionnels. Désignés par les tribunaux, ils gèrent au quotidien les affaires des personnes les plus fragiles, sans que leur rôle ne soit réellement visible du grand public. La grève nationale de ce 30 juin visait précisément à changer cette perception — et à obtenir des engagements concrets sur la revalorisation de leurs émoluments.
La mobilisation dans l’Aube s’inscrit dans un mouvement qui dépasse les frontières du département. Reste à savoir si la Fédération nationale obtiendra une réponse des pouvoirs publics à l’issue de cette journée d’action.
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