Six communes rurales, cinq médecins retraités, 696 consultations : quelques mois après son lancement, le Médicobus tire un premier bilan encourageant. Ce cabinet médical itinérant, porté par le département de l’Aube, a été officiellement inauguré ce lundi, après plusieurs mois de fonctionnement.
Dans l’Aube, près de 27 959 bénéficiaires de la sécurité sociale — soit 13,4 % de la population — n’ont pas de médecin traitant. C’est à eux que s’adresse en priorité ce dispositif, pensé comme une réponse concrète à des déserts médicaux qui s’étendent, y compris dans des bourgs qui disposaient encore récemment de praticiens.
Un véhicule équipé, une mise en route anticipée
Le Médicobus a en réalité commencé à fonctionner dès le mois d’octobre, avant même la livraison du véhicule. Les consultations se tenaient alors dans des locaux communaux. Depuis, le cabinet mobile — acquis pour 250 000 euros — prend en partie le relais avec un équipement médical complet.
Pour cette première phase, six communes ont été retenues : Villenauxe-la-Grande, Rigny-le-Ferron, Essoyes, Bayel, Ville-sur-la-Ferté et Les Riceys. Le dispositif repose sur une équipe de cinq médecins généralistes retraités, épaulés par une infirmière, une secrétaire médicale et une coordinatrice.
patients ont choisi le Centre de Santé du Département comme médecin traitant
consultations réalisées depuis le lancement
La moitié des patients souffrent d'une pathologie chronique
Parmi les 285 patients qui ont adopté le centre de santé du département comme médecin traitant, près de la moitié souffre d’une maladie chronique. Un chiffre qui illustre l’urgence de la situation : sans ce dispositif, ces personnes ont rennoncé à des soins réguliers.
À Essoyes, l’impact est particulièrement visible. Le maire Thierry Mercuzot souligne que le médecin du Médicobus, assure à lui seul environ la moitié des actes réalisés par le dispositif sur l’ensemble du département.
Sur nos deux médecins généralistes, le premier est parti en retraite et le deuxième part début septembre. Disons que le Médicobus est vraiment très utile pour nous et fera un pansement, si je peux dire.
Extension et questions de pérennité
Mais le président du département Philippe Dallemagne tempère l’enthousiasme. Avec seulement cinq médecins généralistes retraités, le dispositif manque selon lui de solidité à long terme.
On parle beaucoup de la ruralité, mais en réalité, la problématique existe partout aujourd'hui. J'en veux pour preuve, on va démarrer à Romilly-sur-Seine, la deuxième ville du département. Là, ce n'est pas le Médicobus, mais c'est la ville de Romilly qui va nous mettre à disposition des locaux. Pour moi, je pense que ça manque de robustesse, parce qu'aujourd'hui, on a cinq médecins qui ont signé des conventions avec nous. Et je pense qu'à terme, ça ne va pas suffire. Moi, en tant que président du département, je dois apporter l'équité sur l'ensemble du département. Donc, il faut encore qu'on y travaille.
Le Médicobus reste donc un outil utile, salué par les élus locaux, mais fragile. Sa montée en puissance dépendra de la capacité du département à recruter davantage de médecins prêts à s’engager dans le dispositif — un défi qui reflète, à l’échelle de l’Aube, une crise nationale de l’offre de soins en milieu rural.
Pour en savoir plus sur le lancement du dispositif : Médicobus : un cabinet médical sur roues contre les déserts médicaux
