En janvier dernier, pendant plusieurs jours, ils avaient déversé des déchets agricoles devant les bâtiments préfectoraux, investi des autoroutes, manifesté devant les grandes surfaces, retourné les panneaux d’entrée de communes… Les agriculteurs ressortent leurs colères et leurs tracteurs pour de nouvelles manifestations. Ce qui est baptisé « l’acte II » de la mobilisation agricole a débuté, dans l’Aube, ce dimanche avec de nombreux panneaux de signalisation bâchés. Ce lundi soir, les manifestants ont investi le carrefour de l’Europe à Troyes, un symbole, pour allumer un grand feu de la contestation et de la colère.
Les premiers tracteurs sont arrivés sur place vers 18H25. La circulation a été bloquée. Sur place, l’idée est de rester en position jusqu’à 23h. A l’appel de la FDSEA et des Jeunes Agriculteurs, le but est de montrer un mécontentement toujours plus grandissant. Les promesses engagées en début d’année n’ont pas, selon les agriculteurs, été tenues. Les mauvaises récoltes, les maladies animales et la mise en place de nouvelles normes n’ont fait qu’amplifier une colère sourde… jusqu’à aujourd’hui.
A ce contexte de tension s’ajoutent désormais les discussions autour de l’accord de libre-échange entre la Commission européenne et les pays du Mercosur. Les cultivateurs et éleveurs craignent que celui-ci soit signé à l’occasion du sommet du G20 au Brésil, ce lundi et ce mardi. Les principaux syndicats agricoles demandent l’arrêt des négociations. Ce dimanche, le président de la République, Emmanuel Macron a assuré que « La France ne signera pas le traité en l’état ». Des mots sur des maux qui n’ont pas convaincu sur le terrain des manifestations. Les agriculteurs n’acceptent pas les normes auxquelles ils sont soumis alors que leurs concurrents étrangers (notamment d’Amérique du Sud) présents sur le marché européen, ne le sont pas. Une concurrence jugée déloyale.
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