Elle chante depuis l’âge de 6 ans et se produit encore une trentaine de fois par an partout en France. Marie Deperthe, soprano installée dans l’Aube, sera en concert gratuit le samedi 26 septembre à 11h aux Médiévales de Savières. Au programme : chants liturgiques et chants de Templiers.
Une vocation née en secret
Enfant, Marie Deperthe se cachait pour chanter. « Il n’y a aucun musicien dans ma famille. Je chantais depuis que j’ai l’âge de 6 ans. Je me cachais pour ne pas qu’on m’entende, mais tout le monde m’entendait bien sûr », raconte-t-elle. Elle s’enregistrait sur des radiocassettes, se corrigeait seule, rejoignait des chorales d’église. Une autodiscipline précoce qui dessine les contours d’une carrière.
À 18 ans, elle intègre les Saintes-Geneviève de la Gendarmerie nationale. Puis elle décroche un diplôme de coach vocal, qui lui ouvre les portes d’un univers inattendu : le métal symphonique. « Le métal symphonique, c’est du lyrique. Ce sont des ténors et des sopranos qui chantent. Ça m’a permis de former des artistes à Paris. »
Chanter malgré la maladie de Ménière
La trajectoire de Marie Deperthe aurait pu être brisée par la maladie. Diagnostiquée avec la maladie de Ménière — qui provoque vertiges rotatoires et pertes d’audition —, elle continue pourtant. « Mon ORL me dit que j’entends mal. J’ai une très bonne oreille interne, heureusement. Je suis très sensible à des petites vibrations, à des choses que certaines personnes n’entendent pas. »
Sa technique s’est adaptée. « Ma main joue beaucoup avec mon diaphragme pour m’aider à pouvoir sortir les sons. » Un rapport au corps et à la voix que peu de chanteurs développent à ce degré de précision.
En tant que chanteuse, je n'ai jamais été trop reconnue. J'arrive en fin de carrière dans les églises et c'est là où ça déborde.
Des coulisses parisiennes à l'Aube
La carrière de Marie Deperthe ne se limite pas à la scène. Elle devient aussi directrice de casting, travaillant avec Bernard Menez, Fabienne Thibault ou encore Stone, du duo Stone & Charden, pour recruter des artistes destinés aux comédies musicales parisiennes. « Je n’ai jamais eu l’ambition d’aller signer un contrat de production avec Universal ou la Warner, bien que je les ai côtoyés », dit-elle sans regret apparent.
En 2001, elle fonde avec son mari Alain le groupe Madfeet. Ensemble, ils créent sept albums et des spectacles. Le couple s’installe dans l’Aube où ils poursuivent leur activité d’accompagnement d’artistes : enregistrement en studio, mise en scène, cours de chant, label de distribution. Pendant la période Covid, ils proposent même des spectacles comiques dans les Ehpad.
ans de pratique du chant
albums créés avec le groupe Madfeet
Le chant liturgique, un retour aux sources
Aujourd’hui, c’est dans les églises que Marie Deperthe trouve son public le plus réceptif. Elle chante en italien, en latin, en hébreu. « Lorsque je chante ces œuvres, il y a des sanglots qui arrivent », observe-t-elle. Elle intervient lors des cérémonies de Sainte-Geneviève avec la gendarmerie, aux côtés de l’évêque et des prêtres. Ces concerts ont aussi une fonction patrimoniale : ouvrir au public des édifices habituellement fermés.
Le 26 septembre, les Aubois pourront l’entendre aux Médiévales de Savières dès 11h. L’entrée est gratuite. Le concert mêlera chants liturgiques et chants de Templiers, dans un cadre qui correspond parfaitement à l’univers dans lequel Marie Deperthe s’épanouit depuis six décennies.