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Le carillon de Cunfin résonne de nouveau

Muet depuis de longues années, le carillon de l’église de Cunfin résonne de nouveau. Monique Boulard, 63 ans, apprend à sonner les cloches auprès de Jean Dumont, carillonneur à Champignol-lès-Mondeville — et fils d’un ami de son père.

Le silence durait depuis de longues années. Désormais, chaque semaine, les habitants de Cunfin entendent de nouveau les notes du carillon de leur église. Derrière ce retour, une rencontre improbable entre deux enfants de sonneurs de cloches, et la volonté d’une femme de 63 ans de perpétuer le geste de son père.

Une découverte au sommet du clocher

Tout commence par un inventaire. Jean Dumont, carillonneur à Champignol-lez-Mondeville et membre de la Guilde des carillonneurs de France, parcourt le département de l’Aube depuis plusieurs mois pour recenser les installations existantes. À Cunfin, la surprise est de taille : là où les registres n’indiquaient que trois cloches, il en découvre six. Il les fait sonner.

C’est à ce moment que Monique Boulard monte au clocher, fille de Michel Boulard, l’ancien carillonneur du village — qui carillonnait lui-même occasionnellement avec le père de Jean Dumont.

Je suis donc venu au clocher ici. J'ai commencé à carillonner et j'ai eu la grande surprise de voir arriver Monique, qui est la fille de l'ancien carillonneur de Cunfin, qui carillonnait occasionnellement avec mon père.

Jean Dumont Carillonneur – Guilde des carillonneurs de France

Un apprentissage exigeant, une motivation intacte

Monique n’avait jamais appris. Enfant, elle montait parfois regarder son père sonner les cloches, sans jamais prendre la relève. L’envie était là, l’occasion ne s’était pas présentée. Jusqu’à ce jour.

Depuis, les deux se retrouvent régulièrement perchés dans le clocher. L’exercice est technique : trois membres du corps actionnent trois cloches différentes, chaque note réclamant un réflexe précis. Croches, blanches, noires — le rythme ne se lit pas comme sur un piano.

C'est purement de la coordination, puisqu'on a donc trois membres pour actionner, pour générer ces trois notes. Le but est de bien s'approprier la mélodie, déjà bien affecter chaque note à chaque cloche. Donc ça, ça demande une pratique pour que ça devienne un réflexe.

Jean Dumont Carillonneur – Guilde des carillonneurs de France

Je n'ai jamais appris. Et je le regardais, c'est tout. Et puis, je me suis toujours dit qu'un jour, j'aimerais bien le faire. Quand lui, il ne sera plus là, qu'il ne pourra plus le faire. Et puis, l'occasion s'est présentée.

Monique Boulard Fille de l'ancien carillonneur du village – Cunfin
Cloche en bronze patiné avec battant métallique et chaîne, suspendue dans la charpente en bois du clocher de Cunfin
L'une des six cloches du clocher de Cunfin, reliée par une chaîne métallique à son mécanisme de sonnerie

Le village retrouve un tintement familier

Les habitants ont rapidement remarqué le retour des sonneries. Certains s’arrêtent dans la rue pour écouter, d’autres filment. Monique le confirme : l’accueil est chaleureux. Son objectif à terme est de sonner le carillon lors des fêtes nationales ou à la demande du village.

Le premier vrai test grandeur nature aura lieu ce week-end. Monique et Jean sonneront ensemble les cloches à l’occasion des Journées du Patrimoine : samedi à Cunfin, dimanche à Champignol-lez-Mondeville. Une double transmission, entre deux villages de l’Aube, portée par la mémoire de deux pères.

Dans l’Aube, la passion des cloches se transmet aussi à Champignol-lez-Mondeville : Champignol-lez-Mondeville : carillonneur, Jean Dumont fait revivre la passion de son père

Champignol-lez-Mondeville : carillonneur, Jean Dumont fait revivre la passion de son père