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Forêt d’Orient : le Parc naturel régional mise sur le débardage à cheval

Trois chevaux de trait venus du Pas-de-Calais ont travaillé cinq jours dans la forêt d’Orient. Une méthode ancestrale que le Parc naturel régional souhaite désormais généraliser chaque année pour préserver les sols forestiers.

Des grumes de plusieurs centaines de kilos, tractées par un cheval guidé à la voix. Cette semaine, le Parc naturel régional de la Forêt d’Orient a fait appel à Brigitte Catto et ses trois chevaux de trait pour débarder une parcelle de ses 20 000 hectares de forêt. Une pratique ancienne, physique, que cette professionnelle perpétue depuis plus de vingt ans.

des chevaux venus du Pas-de-Calais

Pour cette mission en forêt d’Orient, Brigitte Catto a fait le trajet depuis le Pas-de-Calais avec trois animaux aux profils complémentaires.

Quiam a 22 ans, il finit sa carrière tranquille. J'ai Dune, ma trait du Nord, qui a 14 ans, et Cally, la boulonnaise derrière, qui a 13 ans. Deux races vraiment robustes, deux races en voie de disparition qu'il faut faire travailler si on veut encore en voir.

Brigitte Catto Débardeure à cheval – Indépendante

Trait du Nord et boulonnaise : deux races de chevaux de trait robustes, capables de passer partout, autant de fois que nécessaire, sans endommager les sols. Un avantage décisif face aux engins forestiers classiques.

Des engins qui tassent, des chevaux qui préservent

Les porteurs mécaniques utilisés en exploitation forestière peuvent peser entre 15 et 20 tonnes. Sur sol humide, ils creusent des ornières, compactent la terre, asphyxient les racines. Les arbres peinent ensuite à pomper l’eau et à respirer. Le cheval, lui, ne laisse aucune trace de ce type.

« Une fois que le sol est tassé, les racines des arbres s’asphyxient et elles n’arrivent plus à pomper l’eau, elles n’arrivent plus à respirer. Donc après vous avez un impact sur votre forêt. Alors que les chevaux, pas du tout. ».

Le débardage à cheval n’est pas une solution exclusive : il est presque toujours associé à des engins forestiers, qui prennent en charge les volumes que les animaux ne peuvent pas transporter. Mais en réduisant les déplacements des machines lourdes, il limite mécaniquement leur impact sur les sols.

Un surcoût limité, un gain à long terme

L’argument économique reste le principal frein à la généralisation de la pratique. Le PNRFO reconnaît un coût légèrement supérieur à court terme, mais le relativise.

Si on parle à court terme, c'est un petit peu plus cher. Et encore avec l'augmentation des prix de l'essence, on se rapproche. Globalement, les chiffres qu'on donne, c'est 2-3 euros de surcoût à la tonne vendue. Donc ça reste acceptable comme surcoût. Et surtout à long terme, le fait de préserver les sols, ça va permettre une meilleure productivité des arbres et de la forêt dans les 10, 20, 30, 40 prochaines années.

Mathéo Schmidt Garde du littoral – Parc naturel régional de la Forêt d'Orient

Un objectif : pérenniser la pratique chaque année

Déjà expérimenté à plusieurs reprises dans l’Aube, le débardage à cheval reste encore marginal. Le PNRFO souhaite désormais le déployer chaque année sur l’ensemble de ses parcelles exploitables. Le défi est de convaincre les propriétaires privés et les gestionnaires forestiers d’adopter cette approche. Brigitte Catto et ses trois chevaux, eux, ont déjà confirmé leur retour l’année prochaine en forêt d’Orient.

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