Il n’y avait plus de moulin à vent aubois depuis 1905. C’est en septembre 2006 que la cage du moulin de Dosches a été hissée sur sa colline, mettant fin à une longue absence. Inauguré l’année suivante, il célèbre ses vingt ans d’existence — et reste, à ce jour, le seul moulin à vent du département.
Un charpentier hollandais à l'origine du projet
Tout part d’une initiative singulière. Erwin Schriever, compagnon charpentier hollandais installé dans la région, décide de faire revivre ce patrimoine disparu. Il rassemble une équipe, fonde une association et lance la construction. Le moulin est reproduit à l’identique d’après une ancienne carte postale du moulin d’Aurigny-le-Sec. Les pièces sont fabriquées en atelier par des jeunes en chantier d’insertion, en un peu plus d’un an. Puis le bâtiment est acheminé en trois parties par camion jusqu’à la colline de Dosches, où les finitions — escalier, rambarde, aménagement intérieur — sont réalisées sur place.
35 tonnes qui pivotent avec le vent
La mécanique du moulin de Dosches force le respect. Construit sur pivot fixe, il repose sur un piédestal d’environ sept tonnes, tandis que l’ensemble de la cage — ailes, escalier, charpente — totalise plus de 35 tonnes et tourne librement dessus. Une nécessité : le vent ne souffle jamais dans la même direction, et le moulin doit pouvoir s’orienter pour capter le maximum d’énergie.
À l’intérieur, la chaîne de transmission reste fidèle aux techniques ancestrales. Les ailes entraînent un arbre moteur, dont les alluchons actionnent une lanterne, elle-même reliée via le gros fer à la meule tournante. Le blé s’écoule depuis la trémie, passe entre les meules, puis la mouture est récoltée par de petits balais fixés à l’archure avant de tomber à l’étage inférieur pour être blutée.
tonnes : poids de la cage tournante du moulin
bénévoles animant l’association
installation de la cage tournante
Un lieu de transmission ouvert aux scolaires et aux familles
Au-delà de la prouesse technique, le moulin de Dosches est devenu un espace de mémoire vivante. Les visiteurs peuvent découvrir le moulin lui-même, ses jardins, une grange-musée et un four à pain. Les sorties scolaires y sont régulières, permettant aux enfants de comprendre concrètement comment fonctionnait la meunerie d’autrefois et comment les techniques ont évolué.
Ça permet de transmettre, ça permet d'apprendre aussi aux plus jeunes, notamment quand on a les sorties scolaires, comment c'était dans le temps, comment ça a évolué, qu'ils se rendent compte aussi du changement qu'il y a eu depuis des années. Et puis c'est aussi un lien social, ça permet de rencontrer les gens, ça permet de vraiment créer du lien.
Modernisation et recherche de bénévoles
À vingt ans, l’association des Moulins à Vent Champenois entend rester dans l’air du temps. Un site internet a été mis en place, la signalétique intérieure est en cours de refonte pour la rendre plus ludique, et un guide audio vient d’être lancé à destination des visiteurs.
Depuis que je suis arrivée, on a mis en place un site internet. On est en train de revoir notre affichage pour le rendre un petit peu plus ludique et le refaire parce que forcément, au bout de 20 ans, ça s'use. On a la chance aussi d'avoir des bénévoles dynamiques qui ont beaucoup de propositions. Et là, récemment, on a sorti un guide audio.
Le site est actuellement ouvert les dimanches d’avril à octobre. Pour élargir ces horaires, l’association cherche de nouveaux bénévoles. Ceux qui souhaitent rejoindre les 70 membres déjà engagés peuvent se rapprocher de l’association des Moulins à Vent Champenois.