Perchée sur les hauteurs de Brantigny, une maison champenoise datant de la fin du XVIIIe siècle — peut-être plus ancienne encore — résiste au temps, mais pas à l’abandon. Francis Miot, amateur d’histoire et de restauration, a décidé de lui offrir une seconde vie.
La bâtisse, inhabitée depuis plusieurs dizaines d’années, devrait lui être cédée par une riveraine, inquiète de la voir se dégrader davantage. Son projet : en faire une halte pour randonneurs et cyclistes, ouverte à tous, sans la transformer en logement.
Conserver sans dénaturer
Le principe est clair : pas de réhabilitation lourde, pas de modernisation. Francis Miot veut conserver la cheminée intérieure et le four à pain, retirer le torchis abîmé entre les poutres pour aérer l’ensemble, et aménager une table avec des bancs. La maison, composée d’une pièce principale, d’une petite chambre et d’anciennes étables, resterait ouverte à tout promeneur.
Quand on regarde dans nos petits villages aux alentours, beaucoup de maisons comme ça tombent en ruine. Les propriétaires ne veulent pas refaire. Ou ça gêne, ou on veut récupérer un lopin de terre, alors que celle-ci, elle est là, alors il faut la refaire. Cette maison montre bien la dureté de la ruralité à l'époque, c'était vraiment… petit, mais c'était confortable pour ces gens-là.
Une structure qui a résisté au temps
L’état du bâtiment constitue en réalité une bonne surprise. Les murs sont droits, la charpente solide. La toiture, bien que vieillissante, n’a que peu travaillé : quelques tuiles de rive sont à remettre en place, mais l’essentiel tient. Le gros du chantier se limitera au nettoyage et à l’aménagement intérieur. Un grenier, où étaient jadis stockés paille et fourrage, complète la bâtisse.
Pour mener à bien ce projet, Francis Miot entend s’appuyer sur une association spécialisée dans la sauvegarde du patrimoine, tout en sollicitant des entreprises prêtes à intervenir bénévolement.
Un circuit touristique en filigrane
Au-delà de la maison elle-même, Francis Miot voit plus loin. Brantigny recèle d’autres éléments patrimoniaux qui pourraient s’intégrer dans un parcours touristique cohérent :
- Le château des Réaux, datant des XIIe-XIIIe siècles
- Une croix au sommet, offrant un point de vue sur la région
- La stèle du maréchal de Champagne Geoffroy de Villehardouin, déjà restaurée par ses soins au pied des douves du château
- La fontaine de Piney, le lavoir de Brantigny et la chapelle de la Loge-aux-Chèvres
Ce ne serait pas le premier chantier de Francis Miot. Ces différents sites témoignent d’un engagement déjà ancien pour le patrimoine rural aubois.
Appel aux bonnes volontés
Le financement du projet reste à construire. Francis Miot mise sur les associations, les mécènes et les bénévoles pour franchir les étapes une à une. Une façon de rappeler que la sauvegarde du petit patrimoine rural repose souvent sur des réseaux de proximité, loin des grandes dotations publiques.
Toute structure ou entreprise souhaitant s’associer au projet peut prendre contact avec l’initiateur. La maison champenoise de Brantigny attend ses premiers coups de pelle.