Neuf cents voix, un répertoire engagé, deux artistes invités. Le Grand Choral de la 39e édition des Nuits de Champagne a tenu ses promesses sur la scène de l’Espace Argence de Troyes. Pendant trois représentations, des choristes venus de toute la France ont interprété dix-huit chansons issues principalement du répertoire de Daniel Balavoine, en écho à la thématique de cette édition : « Les Âmes Sœurs ».
Nach, une présence inédite au cœur de la création
La grande nouveauté de cette édition résidait dans l’intégration d’Anna Chedid, alias Nach, au sein même de la direction artistique. Pendant plus de six mois, la chanteuse a travaillé aux côtés des trois chefs de chœur habituels, contribuant aux arrangements instrumentaux et à la conception du spectacle. Une implication saluée par l’équipe artistique.
« Nach, en fait, ça fait plus de six mois qu’on travaille ensemble et ça a été une compagne de route très fidèle. Elle a beaucoup apporté au projet, dans la création, dans les arrangements instrumentaux. Et puis, ça touche son esthétique. Et donc, ça fait un Grand Choral aussi qui lui ressemble. », précise Brice Baillon, direction artistique et musicale générale du Grand Choral et chef de chœur.
Pour Nach elle-même, l’expérience a dépassé les répétitions. Sur scène, face à ce mur de voix, la chanteuse a décrit une sensation qu’elle juge « indescriptible » : « Dès que tu rechantes avec eux, il y a une vibration vraiment unique. » Elle a particulièrement souligné la présence des collégiens parmi les choristes, y voyant une rencontre de générations rare autour de chansons qui « racontent des choses fondamentales ».
Youssoupha face à 900 amateurs : la surprise technique
Le rappeur Youssoupha, lui, avouait ne pas avoir anticipé le niveau d’exigence du chœur. Habitué aux grandes scènes, il a découvert des choristes capables de contre-chants, de canons et de placements rythmiques précis, y compris sur ses propres morceaux de rap.
« Je me suis dit, c’est des chœurs amateurs. En vrai, c’est déjà beau. Tu les fais chanter un peu à plat, des refrains tout droit, et voilà. Et j’arrive en répétition, les gars, ils font faire des chants, des contre-chants, des nappes, des canons, des trucs techniques, des placements, même sur mon rap. Et je me suis dit : non seulement ils ont eu l’audace de tenter de les faire bosser sur ça, mais les fous, ils l’ont fait. » Youssoupha, rappeur.
Au-delà de la performance scénique, Youssoupha a tenu à replacer le répertoire de Balavoine dans une perspective plus large. Pour lui, les textes de « Tous les cris les SOS » ou « L’Aziza » restent d’une actualité frappante : « C’est fort, c’est très très fort. » Il a regretté que l’engagement des artistes soit aujourd’hui parfois contesté, alors que la chanson française des années 1980 a précisément construit la culture des Français sur cette posture.
Un laboratoire ouvert à tous, sans condition
Le Grand Choral repose sur un principe fondateur : n’exiger aucun prérequis. Pas besoin de lire une partition ni d’avoir chanté en chœur auparavant. Les chefs de chœur insistent sur cette ouverture, qui permet chaque année d’accueillir des participants venus pour l’artiste, pour l’ambiance ou simplement pour retrouver des amis. « On peut aimer chanter. On peut venir pour l’artiste, on peut venir pour les chefs de chœur. On peut venir pour retrouver les copains », résume Julie Rousseau, cheffe de chœur.
Cette accessibilité n’exclut pas l’ambition artistique. Les chefs de chœur décrivent le projet comme « un véritable laboratoire », renouvelé chaque année par le choix de l’artiste invité et par une volonté constante d’explorer de nouvelles formes d’interprétation.
choristes sur scène
chansons au programme
représentations à l’Espace Argence
mois de travail commun avec Nach
Le chœur s’est produit trois fois à l’Espace Argence. Les Nuits de Champagne prolongent désormais leur saison avec les « Nuits en Plus », une programmation complémentaire destinée à faire patienter le public jusqu’à l’édition 2027.