Au monastère Notre-Dame de la Sainte-Espérance de Mesnil-Saint-Loup, cinq moines bénédictins ont lancé en février une production de limoncello. L'initiative vient du frère Brice, arrivé en 2023, qui souhaitait retrouver le goût authentique de cette liqueur qu'il dégustait lors de ses vacances d'été en famille à Nice ou Saint-Raphaël.
La communauté a fait le choix de la qualité avec une macération longue, bien au-delà des standards industriels. Les zestes de citron de Menton sont travaillés pendant environ deux mois. Environ 2000 bouteilles sont prévues chaque année, un produit volontairement rare qui valorise la noblesse du travail manuel.
Vivant selon la règle de Saint-Benoît, les moines alternent prière et travail. Ici, 400 kilos de citron sont pelés à la main. « On préfère infiniment être là à peler nos citrons tous ensemble avec nos petites trappes que de les mettre dans une machine », explique l'un des moines. « On aime travailler ensemble, comme on aime prier ensemble. »
Le produit a été baptisé Limoncello par le frère Guillaume, prieur du monastère. Une première série test de 500 bouteilles fin 2025 a confirmé l'engouement du public. « Ils rentrent dans le magasin, ils foncent au comptoir et ils demandent quatre bouteilles », témoigne un moine. « Ça donne confiance pour l'avenir. »
Un nouvel investissement a permis d'aménager un atelier réutilisable pour d'autres productions. L'objectif est de transformer les fruits et de valoriser le jus et la pulpe des citrons. Une gelée de citron est également prévue. Les prix tournent autour de 30 euros la bouteille et 10 euros la gelée.
La commercialisation est prévue entre fin avril et mi-mai à Troyes, au Cellier Saint-Pierre et Chemin de Vie, ainsi qu'à la boutique du monastère de Mesnil-Saint-Loup.