La ligne de car Fluo Grand Est Troyes – Châtillon-sur-Seine, qui relie plusieurs communes du Barséquanais, ne sera pas amputée comme prévu initialement. La région Grand Est avait annoncé en mai la suppression d’une partie des arrêts pour gagner onze minutes de trajet. Deux mois de mobilisation ont changé la donne.
Une délégation d'élus face à la région
Dès le mois de juin, la maire de Neuville-sur-Seine et plusieurs élus locaux passent à l’action. En juillet, ils profitent de la journée de l’exécutif du conseil régional dans le département pour interpeller directement les décideurs. Les communes concernées sont Chappes, Polisot, Neuville-sur-Seine, Gyé-sur-Seine, Courteron, Plaines-Saint-Lange et Buxeuil.
Les discussions aboutissent à un compromis. Le 15 juillet, un mail officialise la décision : la majorité des communes conservent leur arrêt. Seules Buxeuil et Courteron perdront leur desserte à la rentrée.
Une trentaine d'enfants et des habitants sans voiture
La maire souligne que le maintien des arrêts garantit l’accès à l’école pour une trentaine d’enfants scolarisés à Châtillon-sur-Seine ou Troyes. Pour certains habitants sans véhicule, l’enjeu dépassait le simple confort : une personne d’une commune voisine envisageait de déménager faute de transport.
« Heureusement qu’on s’est mobilisés. En fait, globalement, je suis satisfaite parce que déjà tous nos enfants vont continuer à pouvoir aller à l’école à Châtillon, sachant que Châtillon-sur-Seine, c’est 20 kilomètres, Troyes, c’est 45 kilomètres. », précise Karine Deheurles, maire de Neuville-sur-Seine.
Des lacunes persistantes sur la mobilité rurale
Le compromis obtenu ne clôt pas le débat. La maire pointe plusieurs manques : une communication insuffisante autour des services de transport, une signalisation des arrêts perfectible et un affichage des horaires à améliorer. Mais c’est surtout la question de la connexion au réseau ferroviaire qui reste entière.
La gare la plus proche, Vendeuvre-sur-Barse, est inaccessible en transport en commun depuis ces communes. La maire relève que des lignes sont développées vers Nigloland et les Grands Lacs pour les touristes, mais que les besoins quotidiens des actifs et des habitants dépendants restent insuffisamment couverts. « Il ne faudrait pas oublier les gens qui travaillent, les gens qui ont besoin de se déplacer pour vivre tout simplement », a-t-elle déclaré.