L’église de Vendeuvre-sur-Barse a accueilli, du 1er mai au 31 octobre 2025, une exposition inédite consacrée à la statuaire issue de l’ancienne Manufacture d’Art Chrétien. Ce fleuron de la production religieuse du XIXe siècle, fermé en 1961, a retrouvé le temps d’un été l’éclat de ses débuts grâce à l’association ArTho et à la mobilisation de bénévoles de l’association et de l’équipe paroissiale pastorale.
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Un succès au-delà des espérances
Pendant six mois, l’exposition a accueilli 6 400 visiteurs, un chiffre bien supérieur aux prévisions. « Quand on imaginait un grand succès, on rêvait de 5 000 visiteurs. Nous avons été au-delà de nos rêves les plus fous », confie Valérie Alanièce, présidente de l’association ArTho. L’entrée libre et l’ouverture quotidienne — sept jours sur sept — ont largement contribué à ce succès populaire. Mais c’est surtout la diversité du public qui a marqué les organisateurs.
« Nous pensions recevoir surtout des personnes âgées, mais les jeunes se sont montrés très curieux. Un quiz pour enfants a d’ailleurs permis de créer de beaux moments d’échanges entre générations. Les visiteurs provenaient majoritairement du Grand Est, pour le côté exotique, on peut dire qu’on a eu quelques Colombiens, quelques Brésiliens, des Allemands, des Belges et des Anglais », souligne Valérie Alanièce.
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Des œuvres rarement visibles
L’exposition rassemblait une cinquantaine de statues prêtées et six autres appartenant à l’église de Vendeuvre. La moitié des œuvres provenaient d’églises alentour — souvent fermées au public —, et l’autre moitié des collections du Département de l’Aube, issues d’un fonds acquis après la fermeture de la manufacture. Certaines n’avaient pas été exposées depuis plus d’un demi-siècle. Quelques particuliers ont également accepté de prêter des pièces, permettant ainsi de réunir un ensemble exceptionnel d’œuvres impossibles à voir.
Un patrimoine local à redécouvrir
Fondée au XIXe siècle par Léon Moynet, la sainterie de Vendeuvre-sur-Barse a connu son essor à partir de 1842, avant d’être transmise à son décès à Honoré Nicot, puis à ses descendants jusqu’à la fermeture en 1961. À son apogée, entre 1880 et 1905, elle employait près de 80 ouvriers, faisant d’elle la première entreprise de main-d’œuvre de la commune.
Son rayonnement dépassait largement les frontières du département : « On sait que Léon Moynet exportait déjà aux États-Unis en 1876. La manufacture a ensuite diffusé ses œuvres jusqu’en Amérique du Sud, en Asie et en Afrique. La Sainterie a longtemps été aussi la première entreprise exportatrice du département de l’Aube. », rappelle la présidente d’ArTho.
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Une mémoire fragile, un héritage vivant
L’un des objectifs de l’exposition était de raviver la mémoire d’une activité que beaucoup d’habitants ignoraient. « Nous avons été surpris de constater à quel point la mémoire est fragile, y compris chez les Vendeuvrois eux-mêmes. Même des personnes de soixante ans n’avaient jamais entendu parler de la manufacture », raconte Valérie Alanièce.
Pour les bénévoles, cette redécouverte est d’autant plus importante qu’elle touche à l’identité même du territoire : « C’est un patrimoine local, fait d’argile, un matériau emblématique de notre région. La première leçon qu’on en tire c’est que ça montre que la statuaire de Vendeuvre est un patrimoine qui mérite d’être redécouvert, qui mérite d’être valorisé et en tout cas un patrimoine qui parle à tout le monde. L’objectif de l’association est de valoriser le patrimoine des 19e et 20e siècle de Vendeuvre-sur-Barse.»
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