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13 min

5 novembre 2026 à 22:00

Grand Format : au coeur de la "visite partielle" de la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine

Depuis mi-septembre, le réacteur numéro 1 de la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine est à l’arrêt. Pas une panne, mais une opération planifiée : une visite partielle, deuxième des trois niveaux de maintenance prévus dans le cycle de vie d’un réacteur. Son retour en production est attendu début janvier.

La centrale alimente en électricité environ 3,5 millions de foyers. Depuis le début de l’année, elle a déjà produit 14 TWh sur les 16 prévus. Deux TWh restent à produire d’ici la fin de l’année, ce qui place le site dans une trajectoire favorable.

Un réacteur fonctionne en continu pendant environ dix-huit mois avant de s’arrêter. Le premier type d’arrêt, dit arrêt simple rechargement, dure entre un et deux mois. La visite partielle, celle en cours, mobilise les équipes pendant trois à quatre mois. Le troisième niveau, l’arrêt décennal, intervient tous les dix ans et conditionne l’obtention d’un nouveau permis d’exploiter délivré par l’Autorité de Sûreté Nucléaire et de Radioprotection.

Cette visite partielle concentre treize mille activités. Sa préparation a mobilisé une équipe pendant douze à dix-huit mois : analyses de risques, planification minutieuse des enchaînements, coordination des ressources humaines et matérielles. Un centre opérationnel pilote l’ensemble en temps réel, actualisant le planning plusieurs fois par jour pour l’ensemble des intervenants.

Les travaux touchent les trois grandes zones du site. Dans le bâtiment réacteur, haut de plus de 35 mètres, les équipes interviennent au niveau 22 mètres, là où se trouvent les générateurs de vapeur, la piscine du réacteur et le pressuriseur. Une analogie est avancée pour en saisir le principe : le fonctionnement d’une centrale nucléaire ressemble à celui d’une cocotte-minute, où la pression est régulée par une soupape. Vingt opérations de levage sont prévues, dont le renforcement du pont de levage et le remplacement partiel du combustible.

Le combustible est au cœur de l’opération. La cuve d’un réacteur contient 193 assemblages. À chaque arrêt, un tiers est renouvelé, soit environ 60 assemblages. Ceux dont l’énergie est épuisée sont déplacés en périphérie du cœur, tandis que le combustible neuf est placé au centre pour régénérer le flux nucléaire. Le combustible usagé est ensuite stocké sous sept mètres d’eau dans la piscine du bâtiment combustible, qui compte près de 600 alvéoles, avant d’être acheminé vers l’usine de retraitement de La Hague, en Normandie.

Dans la salle des machines, longue de 64 mètres, c’est la turbine et l’alternateur qui ont été au centre des interventions. La pièce principale du groupe turbo-alternateur, pesant 250 tonnes, a été déplacée par des équipes mobiles spécialisées d’EDF pour une expertise mécanique approfondie. La maintenance s’étend aussi aux 20 000 heures de travaux de robinetterie et aux tours aéroréfrigérantes, hautes d’environ 165 mètres, dont le système de packing est remplacé par secteur à chaque arrêt.

Sur le plan environnemental, la centrale réalise plus de 5 000 contrôles par an dans son environnement et surveille quotidiennement le débit et la température de la Seine.