Un problème de classe de cinquième datant de 1813, un devoir d’art oratoire en latin, un bon point décerné aux élèves méritants : depuis le 4 juillet, le musée Napoléon de Brienne-le-Château propose une plongée dans deux siècles de vie scolaire française. L’exposition temporaire gratuite, intitulée Apprentissage en héritage, retrace l’histoire de l’éducation de 1776 à 1975 et court jusqu’au 20 septembre.
Un lieu chargé d'histoire scolaire
Le choix du thème n’est pas anodin. Le bâtiment qui abrite aujourd’hui le musée Napoléon fut, avant tout, une école. En 1744, il accueillait déjà un établissement public d’enseignement du latin. À partir de 1776, il devint l’une des écoles royales militaires de France — celle-là même où le jeune Bonaparte fut élève. Après la Seconde Guerre mondiale, le site retrouva sa vocation pédagogique jusqu’en 1966, date à laquelle les cours y furent dispensés pour la dernière fois.
L’exposition prend place dans l’ancienne chapelle du musée. Là où se trouvaient autrefois la cuisine et le réfectoire, les visiteurs déambulent aujourd’hui entre vitrines et documents d’époque.
Ce thème de l'histoire de l'instruction à l'éducation nationale s'imposait comme une évidence dans ce lieu. Parce que le musée Napoléon fut tout d'abord une école.
Des habitants comme sources d'archives
Pour reconstituer cette mémoire scolaire, le musée s’est appuyé sur un réseau d’associations locales, dont l’écomusée de Brienne-la-Vieille. Mais la démarche la plus originale tient à une première : les habitants ont été sollicités pour sortir leurs propres cahiers d’école et les prêter à l’exposition.
Le résultat est savoureux. Les annotations des enseignants sont visibles sur les copies, et les critères d’évaluation d’hier surprennent. Trois fautes dans une dictée valaient la mention « passable ». Une tolérance qui paraît aujourd’hui difficile à imaginer.
C'est la première fois qu'on a vraiment sollicité les habitants. Et en fait, cette partie histoire de l'école, finalement, nous, dans nos archives, on avait assez peu de choses. Donc c'est aussi un moyen pour le musée de constituer son histoire.
Des visiteurs venus de toute la France
Depuis son ouverture, l’exposition attire des visiteurs bien au-delà de l’Aube. Des familles venues de Corrèze, de Dordogne ou des Hautes-Pyrénées ont déjà franchi les portes du musée. Le département est lui aussi « grandement représenté », selon l’équipe du musée, qui souligne la dimension intergénérationnelle des visites.
Grands-parents et petits-enfants y comparent leurs expériences scolaires respectives, confrontant méthodes d’hier et pratiques d’aujourd’hui. L’exposition évoque également des figures historiques liées à la région, comme Georges Danton, natif d’Arcis-sur-Aube.
L’accès est libre et gratuit, aux horaires habituels d’ouverture du musée, jusqu’au 20 septembre 2026.
Le musée Napoléon avait déjà ouvert ses portes lors de la Nuit des Musées : Le musée Napoléon a fait sa nuit des musées
