Trois policiers de l’Aube cumulent deux engagements au quotidien : fonctionnaire de police et sapeur-pompier volontaire. Ce lundi, le Sdis de l’Aube et la direction départementale de la Police Nationale ont signé à Troyes une convention de disponibilité, permettant à ces agents de participer à des interventions pompiers en journée.
Un « effet ciseau » à corriger
Le problème est structurel. Les interventions du Sdis se concentrent en journée, précisément quand les pompiers volontaires sont au travail. Pour le colonel Philippe Moureau, directeur départemental adjoint du Sdis de l’Aube, la situation est claire : les volontaires représentent 85 % des effectifs et assurent environ 70 % des missions, mais ils ne sont pas disponibles aux heures les plus chargées.
Nous, on souffre d'un effet un peu ciseau puisque notre activité se concentre au moment où les gens ont de l'activité et génèrent des risques, c'est-à-dire en journée. Et pendant la journée, nos pompiers volontaires y travaillent, donc ils ne sont pas disponibles pour nous, sauf à ce qu'on mette en place ce dispositif.
La solution passe par des conventions signées avec les employeurs des volontaires. Les agents concernés soumettent un planning prévisionnel de leurs engagements pompiers. En retour, leur hiérarchie leur accorde des autorisations spéciales d’absence, distinctes de leurs congés ordinaires.
La complémentarité des deux métiers
Clément, conducteur cynotechnicien à la police nationale de l’Aube et pompier volontaire au centre d’incendie et de secours de Marigny-le-Châtel depuis trois ans, incarne concrètement ce double engagement. Policier depuis 2003, il a rejoint les rangs des volontaires en 2019. Pour lui, les deux métiers se nourrissent mutuellement.
« L’action de pompier et l’action de policier est complémentaire. Sur l’intervention de police, on est amené à prodiguer les premiers soins. En tant que pompier, on les connaît, donc on peut le faire. Et après, en tant que pompier, si jamais une situation s’avère un peu particulière, on a ce recul face aux situations de crise et d’urgence qu’on a l’habitude de maîtriser en tant que policier. » Clément, Conducteur cynotechnicien, sapeur-pompier volontaire, Police nationale de l’Aube / CIS Marigny-le-Châtel.
Des secours répartis sur tout le département
Le colonel Moureau rappelle la géographie des secours dans l’Aube : les sapeurs-pompiers professionnels couvrent l’agglomération troyenne, Romilly-sur-Seine et Nogent-sur-Seine. Partout ailleurs, ce sont les volontaires qui assurent la réponse opérationnelle. Renforcer leur disponibilité en semaine n’est donc pas une option, mais une nécessité.
La commissaire Roxane Amargil, directrice départementale adjointe de la police nationale de l’Aube, a précisé le fonctionnement du dispositif côté employeur : les agents soumettent leur planning prévisionnel, et les absences accordées pour missions SDIS ne sont pas déduites de leurs congés.
conventions de disponibilité déjà signées dans l’Aube
sapeurs-pompiers volontaires concernés par ces conventions
% des effectifs du SDIS de l’Aube constitués de volontaires
% des missions du SDIS assurées par des volontaires
Avec 130 conventions déjà en vigueur et environ 150 volontaires couverts, le SDIS de l’Aube poursuit une politique active de partenariats avec les employeurs publics et privés du département. La convention signée ce lundi avec la police nationale s’inscrit dans cette dynamique, un levier jugé indispensable pour maintenir la capacité opérationnelle des secours sur l’ensemble du territoire aubois.
Sur le même sujet, une précédente convention similaire avait été conclue entre le SDDEA et le Sdis de l’Aube : Régie du SDDEA – Sdis de l’Aube : une nouvelle convention de disponibilité signée
