Quelques tables récupérées, des chaises dépareillées et un bar fait maison. C’est tout ce qu’il a fallu pour lancer l’aventure du BAP, le Bar Associatif Parguois. Depuis mai, ce lieu insolite a trouvé sa place dans l’éolienne de Pargues, un bâtiment classé aux Bâtiments de France qui servait autrefois de salle des fêtes, à quelques kilomètres de Chaource.
Dans cette commune de 142 habitants, l’idée a germé simplement. « Au départ, c’est une bande de potes qui veulent juste boire l’apéro et s’amuser », résume Michaël Villetet, président de l’association. La bande de potes, depuis, s’est bien agrandie.
adhérents depuis l’ouverture en mai
habitants à Pargues
euros de cotisation annuelle
à 40 personnes en moyenne à chaque permanence
Un lieu central, un bâtiment chargé d'histoire
L’éolienne de Pargues n’a pas été choisie par hasard. Classée aux Bâtiments de France, elle est connue de tous les habitants du village. Jérôme Regny, premier adjoint au maire et vice-président du BAP, explique le choix du lieu :
« C’est hyper central par rapport au village, c’est un lieu effectivement classé. C’est aussi l’ancienne salle des fêtes du village, donc tout le monde la connaît, tout le monde y a passé de bons moments. » Le bâtiment disposait déjà de sanitaires et d’une cuisine, ce qui en faisait un cadre idéal pour accueillir du public.
Pour les anciens de la commune, le BAP réveille aussi des souvenirs. Les anciens de Pargues se rappellent qu’il y avait des bars ici, avant que tous ne ferment. Le retour d’un lieu de vie commun a donc une résonance particulière dans le village.
« J’ai découvert les nouveaux arrivants dans le village et c’est sympa de faire leur connaissance comme ça », résume Jean, habitant de Pargues.
Des horaires limités pour ne pas épuiser les bénévoles
Le BAP fonctionne sur un modèle volontairement allégé : deux permanences par semaine, le vendredi de 19h à 22h et le dimanche de 11h à 13h30. Un rythme pensé pour préserver l’énergie des bénévoles qui tiennent le bar. « Ça nous permet d’avoir une permanence et de ne pas être bloqués tous les week-ends », précise Michaël Villetet.
Les fondateurs s’attendaient à voir passer deux ou trois curieux. Ils accueillent désormais entre 35 et 40 personnes à chaque ouverture. Un succès qui dépasse les frontières de Pargues : des habitants de Chaource et des communes voisines ont eux aussi adopté le lieu.
Boissons locales et food truck une semaine sur deux
À la carte, des boissons locales à prix raisonnables. Et une semaine sur deux, un food truck vient compléter l’offre. Alexandra Deforge, gérante du food truck « Au Comptoir », a rejoint l’aventure après avoir entendu parler du dynamisme du village : « tout le monde m’a conseillé d’y aller parce que Pargues ça bouge, les gens sont en attente de faire plein de choses ici », confie-t-elle.
Au-delà de la restauration, c’est la dimension humaine qui revient dans tous les témoignages. Habitants de longue date ou nouveaux arrivants, personnes isolées ou familles : le BAP brasse des profils que rien n’aurait réunis autrement. « Ça permet à des personnes qui sont souvent seules de pouvoir se rencontrer et d’avoir un petit peu de lien avec d’autres personnes du village », observe Michaël Villetet.
Les gens se retrouvent, c'est le moment convivial dans un village, c'est ce qui manque. C'est ce qu'on essaie de retrouver et je trouve qu'il y a de plus en plus ça.
Un avenir encore incertain pour l'hiver
La cotisation annuelle est fixée à 5€ par adhérent, une somme symbolique destinée à couvrir en partie les frais de fonctionnement. L’association compte aujourd’hui une centaine de membres. Malgré ce bilan encourageant, le BAP pourrait fermer ses portes pendant la période hivernale. Rien n’est encore tranché. Pour l’heure, le village de Pargues profite de ce lien retrouvé, dans un bâtiment que tout le monde croyait définitivement endormi.