**Un tournage d’ampleur au tribunal judiciaire**
Après des premières scènes tournées à la prison de Clairvaux, la production du biopic consacré à Robert Badinter s’est installée au tribunal judiciaire de Troyes. De lundi à vendredi, puis le 4 mars, près de 500 figurants — dont 200 Aubois — participent au tournage.
Réalisé par Pierre Godeau, le long-métrage retrace le parcours de l’avocat devenu garde des Sceaux, figure majeure de l’abolition de la peine de mort, décédé en 2024.
Pour les besoins du film, la cour a été investie et la grande salle d’audience a été redécorée dans l’esprit des années 1970. Le tribunal restant ouvert au public, visiteurs et justiciables assistent, parfois surpris, à cette reconstitution historique.
**Les procès troyens au cœur du film**
Le film revient notamment sur deux affaires emblématiques jugées à Troyes.
En juin 1972, Robert Badinter défend Roger Bontems, condamné à mort pour complicité après la prise d’otages de la centrale de Clairvaux, au cours de laquelle une infirmière et un surveillant sont tués par Claude Buffet. L’exécution de Roger Bontems marque profondément l’avocat, qui dénoncera « l’exécution d’un homme qui n’avait pas tué ».
Cinq ans plus tard, en janvier 1977, il plaide devant la cour d’assises de l’Aube pour Patrick Henry, jugé pour le meurtre du jeune Philippe Bertrand. Sa plaidoirie, restée célèbre, contribue à sauver l’accusé de la peine capitale. Condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, Patrick Henry échappe à la guillotine. Ce procès constitue une étape décisive dans le combat de Robert Badinter qui aboutira, en 1981, à l’abolition de la peine de mort en France.
**Un tournage visible en centre-ville**
Côté logistique, cinq places de stationnement sont mobilisées aux abords du tribunal. La circulation peut être ponctuellement réduite, voire interrompue, notamment sur certaines pistes cyclables. D’autres scènes doivent être tournées les 2 et 3 mars à l’ancienne prison Hennequin, à Troyes.
La sortie du film est annoncée pour le 11 novembre prochain.