Ce samedi, l’École Municipale des Beaux-Arts de Troyes (EMBA) a organisé sa journée annuelle des portes ouvertes. Lors de cette 3ème édition, les visiteurs ont pu découvrir le travail des élèves et l’étendue des formations proposées par les professeurs.
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Une école pour tous, de 8 à 92 ans
L’EMBA a pour vocation de sensibiliser les enfants dès 8 ans aux arts plastiques, mais s’adresse également aux adultes. « Nous proposons un parcours allant de l’initiation à l’approfondissement, en abordant non seulement des techniques variées mais aussi la culture et l’histoire de l’art », explique Béatrice Witdouck, directrice de l’école. « Le but n’est pas simplement d’apprendre une technique, mais aussi de développer un imaginaire et une expression personnelle. »
En plus des enfants, l’école accueille des adolescents qui souhaitent se préparer à des concours d’entrée dans des écoles d’art supérieures, et des adultes en quête de perfectionnement, qu’ils soient imprimeurs, graphistes ou instituteurs. L’école compte environ 500 élèves, répartis pour moitié entre enfants et adultes, avec des programmes adaptés aux besoins de chaque groupe. L’apprenante la plus éloignée parcourt 160 km aller-retour et la doyenne est âgée de 92 ans.
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Des formations diversifiées
L’EMBA propose un large éventail de disciplines : dessin, peinture, gravure, modelage de céramique, ainsi que des cours plus spécifiques comme la bande dessinée ou la gravure. « Pour les enfants, on varie les techniques : un jour du dessin, un autre de la peinture, du modelage ou des pastels. L’idée est de leur offrir une vue d’ensemble des différentes pratiques artistiques », précise Violaine Wharchol.
Les adultes, quant à eux, bénéficient de créneaux horaires adaptés à leurs emplois du temps : des cours en journée ou en soirée, du lundi au jeudi. Nina, retraitée et élève depuis dix ans, raconte : « J’ai commencé par le dessin. Je viens quatre fois par semaine. La gravure, la peinture… j’ai découvert tant de choses ici. C’est un lieu où l’on apprend sans jamais se sentir limité. »
L’école compte neuf intervenants, tous artistes eux-mêmes, pour guider les élèves dans leur démarche créative. Dominique Leprêtre a suivi sa compagne. Ancien élève de l’EMBA durant les années 70, il pratique désormais la gravure depuis six ans. Il souligne l’importance de l’aspect convivial et personnalisé de l’enseignement : « Ici, on peut venir sans savoir dessiner. C’est un lieu où l’on apprend, à son rythme, en fonction de ses envies. Il faut parfois des dizaines d’heures pour préparer une plaque selon les techniques et des dizaines d’heures pour faire les sujets. »
La particularité de l’EMBA réside dans l’engagement des enseignants qui, au-delà des techniques, accompagnent les élèves dans la construction de leur propre vision artistique, selon la directrice : « On ne fait ni loisirs créatifs, ni artisanat, on pousse l’exigence comme dans une école diplômante. » Les pré-inscriptions se déroulent aux environs du mois de mai.
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Un lieu d’exposition et d’échange
Au-delà des portes ouvertes, l’EMBA organise régulièrement des événements comme des expositions d’élèves. En 2025, deux expositions seront programmées : une pour les enfants en juin et l’autre pour les adultes en mai, avec pour thème les travaux réalisés durant l’année. « L’objectif est de démystifier l’art, de montrer que l’on peut pratiquer sans être un professionnel. C’est aussi l’occasion de découvrir les talents de nos élèves », précise Violaine Wharchol.
L’établissement propose également des cartes blanches à des artistes. Comme Vincent Perrotet, ce graphiste indépendant reconnu à l’international et co-fondateur du Centre national du graphisme Le Signe à Chaumont, qui a décroché les affiches de son exposition début janvier.
Des portes ouvertes pour démystifier l’art
L’objectif de cette journée portes ouvertes est de rendre l’art accessible à tous et de faire découvrir la diversité des formations proposées. « Certains ont l’idée que l’École des Beaux-Arts est élitiste, mais c’est tout le contraire. Nous voulons montrer que tout le monde peut pratiquer l’art, quel que soit son âge ou son niveau. »
Nina, ancienne pâtissière devenue passionnée de gravure, affirme : « Auparavant, j’aimais bien mais je n’avais pas le temps. Désormais, je viens quatre fois par semaine. Rien ne vaut l’expérience d’apprendre en groupe et avec des professeurs passionnés. » Elle ajoute : « Ici, on n’arrête jamais d’apprendre. Et c’est ça qui me plaît. »
Entre 200 et 300 visiteurs font le déplacement lors de ces journées portes ouvertes.
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